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Vendredi 30 mai, 6h du matin, parc des Angéliques à Bordeaux. C'est le grand jour coché sur le calendrier depuis si longtemps : le Bordeaux-Paris et ses 620km.

Parmi les 350 cyclos sur la ligne de départ, je suis accompagné de Raphael, ancien du club de St Romain qui est accompagné de Laurent et Jean Marc de son club d'Arthon Randonnée dans l'Indre.

Première constatation : malgré que nous soyons en formule rando la grande majorité des cyclos semblent avoir une assistance avec une voiture ou un camping car. Pour notre part nous partons sans assistance avec une sacoche de guidon et une sacoche sur la tige de selle pour transporter l'éclairage, des habits pour la nuit , un peu de nourriture et un minimum de matériel pour les réparations.

 

Le départ est donné alors que le jour se lève à peine. Au bout d'un kilomètre seulement j'entends une chute juste derrière moi. C'est Jean Marc qui est tombé , déséquilibré par une bordure séparant la voie de bus et la route. Cela commence bien !!!

Heureusement pour Jean Marc il n'y a pas trop de bobos. Le temps de se relever et de reprendre ses esprits nous repartons suivi par … le camion balais.

Nous qui avions prévu de nous mettre bien au chaud dans un peloton jusqu'au premier ravitaillement, c'est loupé...


Nous traversons le vignoble bordelais par de petites routes bien vallonnées pour arriver au premier ravitaillement à la Roche Chalais en Dordogne au km 73.

Nous continuons notre route à travers le département des Charente sur des routes toujours aussi vallonnées (je croyais cette région plus plate). Nouveau coup dur au km 135 cette fois avec Raphael qui casse une pédale !!! Le genre d'incidents qui n'arrive jamais !!! Heureusement nous ne sommes qu'à 15km du second ravitaillement. Un coup de fil aux organisateurs qui nous rejoignent avec la voiture d'assistance technique. Ils changent la pédale de Raphael mais ses cales ne sont pas compatibles...Le seul espoir est que le vélociste annoncé à 15km ait la paire de cales en stock. Nous rejoignons donc Montbron, second ravitaillement au km 150 avec Raphael pédalant sur 1 jambe ½.

Et là, coup de chance, le vélociste du village qui est plus spécialiste de motoculture que de vélo trouve la paire de cales recherchée dans son stock.

 

Il est 15h30.La petite histoire nous a coûté 2 heures. Il n'y a pratiquement plus de cyclos derrière nous mais nous sommes soulagés de pouvoir repartir en espérant que la poisse nous abandonne.

Nous quittons le ravitaillement par 9 km de montée pour atteindre le point culminant du parcours à 360m d'altitude. Les pourcentages ne sont pas importants donc cela permet de pédaler en souplesse tout en profitant du paysage. Ensuite c'est encore et toujours une succession de montées et descentes. Qui a dit que la Charente était plate ???


Un arrêt à Confolens au km 200 est mis à profit pour acheter des sandwichs dans une boulangerie.  A la sortie du village nous prenons une averse orageuse qui nous accompagnera une petite demi-heure, donc nous stoppons à nouveau pour enfiler l'équipement de pluie.

A Availles-Limouzine nous traversons la Vienne et attaquons une bonne côte puis une partie plus roulante pour rejoindre le ravitaillement à l'Isle Jourdain au km 230 à 19h30.

 

Beaucoup de cyclos s'arrêtent ici pour passer la nuit dans un hôtel ou un camping car. Nous ne sommes tout de même pas seuls à reprendre la route : nous faisons un bout de route avec deux cyclos belges partis avec le duvet et le tapis de sol roulés sur leur porte bagage . Nous rencontrerons également un père et sa fille de Lyon ainsi qu'un hollandais amateur de solitude.

La nuit tombe donc nous nous équipons pour l'obscurité : gilet de sécurité, feu rouge à l'arrière et 2 lampes à l'avant.

La fatigue commence à me gagner. Je dois payer le manque de sommeil des nuits précédentes. J'ai une envie irrépressible de dormir alors que les jambes vont bien...mais il faut continuer à avancer.

Malgré un ciel étoilé, l'absence de lune fait que l'obscurité est totale. Heureusement en roulant à 4, nos éclairages permettent d'avoir une bonne visibilité. En traversant la Brenne, les grenouilles nous accompagnent de leur coassement.

 

Nous arrivons au ravitaillement de Martizay à 0h30 qui marque la mi-parcours car il est situé au km 310. Nous sommes dans l'Indre donc le département de mes compagnons de route car ils habitent à une cinquantaine de kilomètres d'ici. Leur supporter nous ont attendus : Alexis le fils de Jean Marc, Cécile la femme de Raphael et Justine sa fille sont venus nous encourager. Les cyclistes sont rares au ravitaillement. Certains profitent de lits de camp à la salle des fête pour tenter de dormir quelques heures d'autres des campings cars qui les suivent... Je me contente du confort sommaire des chaises de la salle pour me reposer. L'accueil est chaleureux et la soupe proposée au buffet permet de réchauffer la machine.


Une part de pâté berrichon pour bien caler l'estomac et à 2h du matin nous remontons sur le vélo. Le fond de l'air est frais et humide . J'ai toujours aussi envie de dormir donc je redouble de vigilance pour ne pas me retrouver dans le fossé. Le terrain est à nouveau bien vallonné. Une cabine téléphonique ferait bien l'affaire pour m'arrêter à l'abri de l'humidité mais je ne veux pas ralentir le groupe.

A Valençay au km 375 alors que le jour se lève je retrouve enfin un peu de lucidité. Nous longeons l'entrée du château de Talleyrand mais l'heure matinale n'est pas propice au tourisme.

 

Romorantin marque le 400ème kilomètre et un nouvel arrêt ravitaillement. Il est 6h30 et nous sommes déjà partis depuis plus de 24h.Dans la salle règne un silence de cathédrale. Les quelques cyclos présents ici, le visage marqué par une nuit sans sommeil, essayent de trouver un peu de repos sur les chaises et les tables.

Café, coca, banane et chocolat dans le ventre , il est temps de reprendre la route. Le sommeil m'a quitté, la forme est au rendez vous et s'est plein de confiance que j'aborde les 200 derniers kilomètres. Je sais maintenant que la nuit est passée que nous irons au bout...

 

La route traverse la Sologne sur de longues lignes droites sans difficultés à travers les bois.Nous sommes dans un groupe d'une quinzaine de cyclos emmenés par Laurent et Jean Marc toujours aussi faciles. Après avoir approché Chambord de quelques kilomètres nous traversons ,sous le soleil, la Loire à Mer (km 450) où nous faisons un arrêt pains au chocolat.

Le paysage change radicalement. Nous arrivons dans la Beauce. Fini les forêts de Sologne, ici ce ne sont que des cultures de blé, colza, orge à perte de vue ponctuées d'éoliennes, d'immenses silos et de quelques villages se ressemblant tous. Pour couronner le tout un bon vent de nord-est souffle sur cette plaine et va considérablement ralentir notre progression. La moyenne a bien du mal à dépasser les 20km/h... De plus je commence à avoir  des douleurs au genou droit et à la selle. Malgré cela j'essaye d'en profiter en me disant toute la chance que j'ai d'être ici, récompense de toute la préparation réalisée depuis le mois de janvier, les brevets de randonneurs mondiaux de Grenoble de 200, 300 et 400km...

Enfin après les 120 km de traversée interminable de la Beauce nous pointons à 16h30 au dernier ravitaillement à Auneau au km563.

Nous ne sommes plus très frais mais l'arrivée se rapproche. J'ai maintenant beaucoup de difficultés à m’asseoir sur la selle et le genou me rappelle à l'ordre à chaque fois que je me met en danseuse.

Nous traversons la magnifique vallée de Chevreuse agrémentée de quelques bosses dont celle de Clairefontaine où sont calfeutrés les footballeurs de l'équipe de France de football avant la coupe du monde ainsi que la côte dite des 17 tournants qui marque la dernière des difficultés.

A 15km de l'arrivée 2 cyclos bretons nous dépassent. Oubliant toutes nos douleurs , nous les rattrapons et finissons en trombe, emmenés par un Raphael qui sentant l'écurie se met à rouler à 40 km/h.

Un dernier feu, un virage à gauche et l'arche d'arrivée est en vue à proximité du vélodrome flambant neuf de St Quentin en Yvelines.


Nous arrivons à 19h40 après 37h40 d'efforts...

 


 

Difficile de conclure cette belle aventure . Merci en tout cas à Raphael de m'avoir demandé de l'accompagner sur Bordeaux Paris pour ses 40 ans...

La longue distance à vélo, ce n'est pas si insurmontable que cela. La preuve : nous l'avons bien fait..

 


 

 

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